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Micro, SASU, EURL ou EI : quel statut freelance choisir en 2026 ?

Comparatif détaillé des statuts freelance 2026 : cotisations, fiscalité, protection sociale et revenu net. Trouvez le statut le plus rentable pour votre situation.

Choisir son statut juridique est probablement la décision la plus structurante au lancement d'une activité freelance. Le bon choix dépend de votre chiffre d'affaires, de vos charges réelles, de votre situation fiscale et de votre besoin de protection sociale. Ce guide compare les quatre principaux statuts en France en 2026, avec des chiffres concrets et un simulateur pour valider votre choix.

Les quatre statuts à connaître

StatutPlafond CACotisations socialesFiscalitéIdéal pour
Micro-entreprise83 600 € (services) / 203 100 € (vente)Forfait sur le CAIR (avec abattement)Démarrage, faibles charges, CA < 60 000 €
Entreprise individuelleAucun~40 à 45 % du bénéfice (SSI)IRCharges réelles importantes, activité solo
EURLAucun~40 à 45 % de la rémunérationIR ou ISSéparation patrimoine, charges importantes
SASUAucun~80 % du brut (assimilé salarié)IS + flat tax dividendesOptimisation dividendes, CA > 80 000 €

Micro-entreprise : la simplicité

La micro-entreprise reste le statut le plus choisi pour démarrer une activité freelance, et pour une bonne raison : tout est forfaitaire et la comptabilité tient en une feuille de calcul.

Les taux de cotisations 2026

ActivitéCotisations URSSAFAvec ACRE (création depuis le 1ᵉʳ juillet 2026)
Vente de marchandises12,3 %9,2 %
Prestations de services BIC21,2 %15,9 %
Prestations de services BNC25,6 %19,2 %
Activités libérales (CIPAV)23,2 %17,4 %

S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), comprise entre 0,1 % et 0,3 % du CA selon l'activité.

Le BNC, deux hausses en deux ans

Le taux des prestations de services BNC hors CIPAV est passé de 21,1 % (avant juillet 2024) à 24,6 % en 2025, puis à 25,6 % en 2026. Cette trajectoire, fixée par le décret 2025-943, aligne progressivement les droits retraite des micro-entrepreneurs libéraux sur ceux des autres indépendants. Le palier initialement prévu à 26,1 % a finalement été ramené à 25,6 %.

Conséquence directe : à chiffre d'affaires égal, la micro-entreprise en BNC rapporte aujourd'hui nettement moins qu'en 2024, et l'arbitrage avec le régime réel se joue désormais bien plus tôt.

À retenir

  • Aucune charge réelle déductible — vos frais matériels, logiciels et coworking ne réduisent pas votre base imposable
  • Abattement forfaitaire de 34 % sur le CA (BNC) pour le calcul de l'impôt
  • Option versement libératoire (VFL) à 2,2 % du CA en BNC (1 % en vente, 1,7 % en services BIC) si votre RFR N-2 ne dépasse pas 29 315 € par part
  • Plafond CA : si vous le dépassez deux années consécutives, vous basculez automatiquement en régime réel

La micro convient parfaitement aux freelances en services BNC (consultants, développeurs, rédacteurs) tant que vos charges réelles restent sous l'abattement de 34 %. Au-delà, un autre statut sera plus rentable.

SASU : l'arbitrage salaire / dividendes

La SASU est la chouchoute des freelances qui veulent optimiser leur fiscalité sur les hauts revenus. Le dirigeant est assimilé salarié, ce qui ouvre une protection sociale solide.

Le mécanisme

  1. La société facture le client → encaisse le CA HT
  2. Vous prélevez une rémunération de dirigeant (avec cotisations URSSAF + retraite ~80 % du brut)
  3. Le bénéfice restant est imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %)
  4. Le reste peut être versé en dividendes, taxés à la flat tax 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis la LFSS 2026)

Quand choisir la SASU ?

  • CA > 80 000 €/an avec marge nette confortable
  • Vous voulez arbitrer entre salaire (protection sociale) et dividendes (taxation plus douce)
  • Vous prévoyez d'accumuler de la trésorerie dans la société (moins taxée que des revenus personnels)
  • Vous voulez la protection sociale d'un cadre (retraite, prévoyance, chômage privé optionnel)

⚠️ Le piège : sortir 100 % en dividendes pour échapper aux cotisations sociales vous prive de droits à la retraite et d'IJ maladie. La stratégie optimale combine un salaire modéré (au moins 1 SMIC pour valider 4 trimestres) et des dividendes.

EURL : le compromis IR / IS

L'EURL ressemble à une SASU mais avec un régime social de travailleur non salarié (TNS). Le dirigeant cotise à la SSI à environ 45 % de sa rémunération.

Différences clés avec la SASU

CritèreEURLSASU
Régime socialTNS (SSI)Assimilé salarié
Coût des cotisations~45 % de la rémunération~80 % du salaire brut
Option fiscaleIR ou ISIS uniquement
DividendesSoumis à cotisations sociales si > 10 % du capitalFlat tax 31,4 % uniquement
Protection socialePlus légère (pas d'AT, IJ plus faibles)Plus complète

Quand choisir l'EURL ?

  • Vous privilégiez le revenu disponible sur la protection sociale
  • Vous voulez la possibilité de rester à l'IR (option pendant 5 ans) si vos bénéfices sont modestes
  • Vous avez peu de besoin de cotiser à un régime de retraite cadre

Entreprise individuelle au régime réel

Depuis la réforme 2022, l'EI a remplacé l'EIRL et offre une séparation automatique des patrimoines pro et perso. Au régime réel, vous cotisez sur le bénéfice (CA – charges réelles).

Le calcul type

CA annuel : 80 000 € — Charges réelles : 15 000 €

  1. Bénéfice : 80 000 – 15 000 = 65 000 €
  2. Cotisations SSI (~43 %) : 27 950 €
  3. Revenu avant IR : 37 050 €
  4. IR (célibataire, sans enfants) : ~4 500 €
  5. Revenu net : ~32 550 €/an (2 713 €/mois)

L'EI est cohérente quand vos charges déductibles dépassent l'abattement micro (34 % en BNC) ou quand votre CA dépasse les plafonds micro mais que vous ne voulez pas la lourdeur d'une société.

Comparaison sur un même CA

Prenons un freelance développeur, célibataire sans enfants, avec 80 000 € de CA HT et 8 000 € de charges réelles annuelles :

StatutCotisationsImpôtsRevenu net annuelNet mensuel
Micro-entreprise (BNC, sans VFL)~20 480 €~8 940 €~42 580 €~3 548 €
EI au régime réel~30 960 €~5 500 €~35 540 €~2 962 €
EURL à l'IS (rém. = 35 000 €)~15 750 €~10 050 €~46 200 €~3 850 €
SASU (rém. = 30 000 €, dividendes)~24 000 €~10 560 €~37 440 €~3 120 €

Ces estimations sont arrondies. Pour un calcul personnalisé tenant compte de votre situation familiale, de l'ACRE, du VFL et du capital social, lancez votre simulation en quelques clics sur notre simulateur freelance.

C'est le grand basculement de 2026 : à 80 000 € de CA, la micro-entreprise ne gagne plus l'arbitrage. Ses 25,6 % s'appliquent au chiffre d'affaires brut, sans déduire le moindre euro de charges, quand l'EURL et l'EI cotisent sur un bénéfice déjà amputé. La micro reste imbattable à CA modéré et charges faibles, mais le point de bascule est descendu autour de 50 000 à 60 000 € de CA en BNC.

Comment choisir : la check-list 2026

  1. CA < 30 000 € → micro-entreprise sans hésiter
  2. CA entre 30 000 € et 60 000 €, charges < 25 % du CA → micro avec VFL si éligible
  3. CA > 60 000 € ou charges > 25 % du CA → EI au réel ou EURL (le plafond micro reste à 83 600 €, mais l'intérêt fiscal s'éteint avant)
  4. CA > 80 000 €, vous voulez arbitrer salaire / dividendes → SASU
  5. Vous prévoyez d'embaucher ou de lever des fonds → SASU dès le départ

Et pour valider votre intuition avec des chiffres précis, comparez vos quatre options sur votre propre CA dans le simulateur freelance SalaireClair : il vous donne en direct le revenu net, la rentabilité, l'IR estimé et la protection sociale (retraite, IJ, trimestres) pour chaque statut.

FAQ

Peut-on changer de statut en cours d'activité ?

Oui. Passer de micro vers EI au réel se fait simplement (option régime réel auprès de l'URSSAF). Passer en société (EURL ou SASU) implique de créer une nouvelle structure et d'apporter le fonds de commerce. C'est plus lourd mais courant : beaucoup de freelances passent en société dès qu'ils stabilisent leur CA au-dessus de 70 000 €.

Quel statut paie le moins de cotisations ?

À CA équivalent, la micro-entreprise présente les cotisations apparentes les plus faibles (25,6 % du CA en BNC vs ~45 % du bénéfice en réel). Mais c'est trompeur : en réel, vous cotisez sur un bénéfice net (donc une base plus petite). Sur un même revenu réel, l'écart est moins marqué.

La SASU est-elle vraiment plus avantageuse fiscalement ?

Oui pour les hauts revenus (CA > 100 000 €) si vous arbitrez intelligemment salaire / dividendes / trésorerie. Pour des CA modérés, le coût des cotisations sur la rémunération efface l'avantage de la flat tax. Notre simulateur le montre clairement quand vous testez plusieurs niveaux de rémunération.

Faut-il un comptable pour la SASU ou l'EURL ?

Ce n'est pas légalement obligatoire, mais en pratique oui. Comptez 1 200 à 2 500 €/an d'honoraires pour une société sans salariés. Pour la micro-entreprise, vous pouvez vous en passer.

Qu'est-ce que l'ACRE et qui peut en bénéficier ?

L'Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise offre une exonération partielle de cotisations la première année. Tous les statuts y sont éligibles sous conditions (demandeur d'emploi indemnisé, jeune de moins de 26 ans, bénéficiaire du RSA…). En micro, l'exonération était de moitié ; le décret 2026-69 l'a ramenée au quart pour les entreprises créées depuis le 1ᵉʳ juillet 2026. Un coup de pouce toujours utile, mais deux fois moins généreux qu'au premier semestre.

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